infection urinaire chez l’enfant

Les infections urinaires peuvent toucher toutes les tranches d’âges, des plus jeunes enfants aux personnes les plus âgées. Le nourrisson et l’enfant sont généralement très vulnérables aux infections urinaires et aux diverses affections du corps.

Les enfants et les infections urinaires

L’infection urinaire se définit comme une affection liée au développement de germes ou de bactéries dans une partie composant le système urinaire. Elle peut donc toucher les reins, les uretères (canaux qui relient les reins à la vessie), l’urètre (canal qui relie la vessie jusqu’à l’extérieur du corps), la vessie ou encore la prostate. Les enfants peuvent aussi la contracter, et elle peut être difficile à identifier.

L’infection du système urinaire

Lorsque la bactérie atteint la vessie, on utilise alors le terme de cystite. Il s’agit de la forme d’infection urinaire la plus courante. Il peut aussi s’agir d’une urétrite dans le cas où l’infection serait localisée dans l’urètre. Enfin, il existe une troisième forme d’infection urinaire, qui est encore plus sérieuse que les autres. Il s’agit de la pyélonéphrite, une affection qui désigne une infection localisée aux reins.

Contrairement aux idées reçues, les infections urinaires sont très courantes chez les enfants. On estime que 5 % des cas de fièvre chez les enfants sont causés par une infection urinaire. Et comme pour les adultes, ce sont les filles qui sont le plus souvent touchées. En règle générale, on compte trois cas d’infection chez les filles pour un chez les garçons.

Les causes de l’infection urinaire chez l’enfant

À l’origine d’une infection, il y a toujours présence de bactérie. En ce qui concerne l’infection urinaire, elles touchent principalement le système urinaire après être parvenues jusque dans l’urètre. Les filles et les femmes sont dotées d’un urètre plus court et large que celui des garçons et donc, des hommes. Mais il est aussi plus proche de l’extrémité d’une source importante de germes : le système digestif. Cette particularité anatomique explique qu’elles sont plus souvent touchées par les infections urinaires.

  • Les bactéries : Dans la plupart des cas (entre 75 et 90 % des cas), c’est une bactérie intestinale nommée Escherichia coli qui en est à l’origine. Mais dans de plus rares cas, il arrive que les infections soient liées à d’autres bactéries comme la Staphylococcus saprophyticus.
  • La stagnation des urines, pour une quelconque raison, peut favoriser la prolifération des bactéries au sein de la vessie. Cela peut être causé par le fait de se retenir trop longtemps, par exemple.
  • De mauvaises habitudes d’hygiène peuvent favoriser le développement de bactéries dans le système urinaire. Une mauvaise méthode d’essuyage après être allée à la selle peut conduire les filles à favoriser l’entrée des bactéries dans l’urètre par exemple. La transpiration peut également favoriser leur développement.
  • Les malformations : il arrive qu’une malformation gêne le passage de l’urine dans le système urinaire. De ce fait, elle est souvent amenée à stagner et se montre propice au développement de bactéries. Lorsque quelqu’un est sujet à des infections répétées, que l’on dit aussi « récidivantes », les médecins cherchent à déterminer si une malformation peut en être à l’origine. La plus courante entraîne un reflux vésico-urétéral, et donc le retour des urines vers les reins. Les pyélonéphrites sont alors courantes.

Les facteurs favorisants

Chez les enfants, certains facteurs peuvent favoriser le développement des différents types d’infections urinaires. Chez les jeunes enfants, ces facteurs sont :

  • La prématurité,
  • L’absence de circoncision chez le garçon,
  • Les obstructions des voies urinaires ;
  • Des malformations au niveau du système urinaire ;
  • Cathéters urinaires,
  • La constipation,
  • La maladie d’Hirschsprung.

Chez les enfants les plus âgés, l’infection urinaire peut être favorisée par quelques autres facteurs :

  • Les traumatismes ;
  • Le diabète.

Les symptômes de l’infection urinaire chez l’enfant

Les symptômes causés par une infection urinaire sont assez spécifiques chez les enfants. L’affection peut être très dure à identifier, alors qu’elle paraît plus évidente chez l’adulte. Il est possible que les symptômes ne soient pas évidents à reconnaître, notamment lorsque l’enfant n’est pas en capacité d’exprimer ce qu’il ressent.

Les symptômes chez les enfants de plus de deux ans

En règle générale, la cystite ou l’urétrite n’entraînent pas de fièvre chez les enfants. Les symptômes courants sont alors :

  • Des brûlures ou douleurs lors de la miction ;
  • Des douleurs dans le bas ventre ;
  • Urines hémorragiques avec une possible hématurie ;
  • La dysurie, qui désigne la difficulté à uriner ;
  • Besoins fréquents d’uriner ;
  • Constipation ;
  • L’énurésie secondaire, qui correspond à des cas de pipi au lit malgré la propreté de l’enfant.

En cas de pyélonéphrite, il n’est pas rare de voir apparaître certains autres symptômes chez l’enfant :

  • De la fièvre élevée ;
  • Apparition d’états grippaux dont les frissons et les courbatures ;
  • Des vomissements ou de la diarrhée ;
  • Des douleurs localisées en bas du dos notamment.

Les symptômes de l’infection urinaire chez le nourrisson et les moins de deux ans

Chez le nourrisson et l’enfant en bas âge, l’impossibilité d’exprimer les sensations et les douleurs rend l’identification de l’infection très compliquée. Chez l’enfant de moins de deux ans, les signes et les symptômes ne sont pas toujours spécifiques.

Néanmoins, une infection urinaire peut engendrer les symptômes suivants :

  • Une fièvre isolée ;
  • Troubles digestifs tels que les vomissements, une perte d’appétit, une constipation, des diarrhées et des douleurs abdominales importantes ;
  • De possibles convulsions ;
  • Une courbe de poids stagnante ;
  • Des troubles de la conscience qui peuvent évoquer ceux de la méningite ;
  • Des accès fébriles, des frissons, de la tachycardie, une diminution de la T.A ;
  • Un état de choc avec cyanose.

Des maladies aux symptômes proches

Certaines affections présentent des symptômes relativement proches de ceux de l’infection urinaire. Dans ce cas, il n’est pas rare de les confondre. C’est donc pour cette raison qu’il est préférable de consulter un médecin, notamment lorsqu’il s’agit d’enfants.

Chez eux, une fièvre élevée sans aucun autre signe comme de la toux ou un rhume ne fait pas toujours penser à une infection urinaire et pourtant, elle peut y être liée. D’autre part, les petites filles qui ressentent des brûlures et des démangeaisons au moment d’uriner (mais pas seulement) peuvent être victimes d’une vulvite.

Les examens de l’infection urinaire

Diagnostiquer une infection urinaire est assez simple avec les bandelettes. Ces dernières sont trempées dans les urines et testent le taux de globules blancs altérés. Leur présence désigne une lutte de l’organisme contre l’infection. La présence de nitrite suggère également la présence de bactéries.

Les médecins obtiennent une preuve ainsi que l’identité de la bactérie à l’origine de l’infection en pratiquant un examen cytobactériologique des urines, aussi appelé ECBU. Cet examen permet de rechercher les protéines et les cellules rénales pouvant prouver un cas d’infection des reins. Mais il permet aussi de dresser la liste des antibiotiques spécifiquement adaptés pour lutter contre l’infection : l’antibiogramme.

D’autre part, les médecins peuvent aussi pratiquer un prélèvement sanguin en cas de besoin, notamment lorsqu’ils soupçonnent un cas de pyélonéphrite. D’autres examens de type radiologiques peuvent être pratiqués à la suite d’une pyélonéphrite. Les spécialistes recherchent la cause des infections en pratiquant des échographies de la vessie et des reins pouvant prouver une malformation.

Traitements de l’infection urinaire chez l’enfant

Les cystites, urétrites et pyélonéphrites font toujours l’objet de traitements adaptés, généralement à base d’antibiotiques.

Les traitements habituels

Lorsqu’une cystite se déclare, le traitement par antibiotique dure généralement entre trois et sept jours. Le médecin prescrit les médicaments adaptés à chaque cas d’infection urinaire : il ne faut donc pas utiliser des restes de médicaments d’une précédente infection.

Les nourrissons reçoivent aussi des traitements adaptés à la nature de l’infection urinaire. Ils peuvent être assez simples lorsqu’il s’agit d’une cystite ou d’une urétrite. En revanche, une infection des reins engendrera une hospitalisation, comme pour les enfants plus âgés.

D’autre part, une antibiothérapie présomptive est généralement instaurée chez l’enfant qui présente des preuves d’infection urinaire comme la détection positive de nitrites dans les urines.

En cas de pyélonéphrite

Lorsqu’un enfant est sujet à une pyélonéphrite, il n’est pas rare qu’il soit hospitalisé. Il peut ainsi recevoir un traitement antibiotique par voie veineuse à la suite d’examens plus poussés. Le plus souvent, il reçoit deux médicaments différents. Enfin, le traitement se termine par la prise d’un sirop ou de comprimés spécifiques aux infections urinaires. Il peut ensuite rentrer à la maison dès que l’infection est terminée.

Les malformations

Les médecins sont régulièrement amenés à rechercher des anomalies à l’origine des infections urinaires, telles que les malformations. Les enfants qui sont atteints d’un reflux vésico-urétéral conséquent devront subir une correction chirurgicale. Dans ces cas, une prophylaxie antibiotique leur est administrée jusqu’à l’opération. Les cas moins graves sont étroitement surveillés notamment en cas d’infections urinaires récidivantes.

Les évolutions possibles de l’infection urinaire

La cystite et l’urétrite sont des formes basses d’infections urinaires. Elles sont généralement banales et très bien traitées avec des antibiotiques. Mais lorsqu’elles évoluent, elles peuvent engendrer une pyélonéphrite, qui désigne une infection des reins.

La pyélonéphrite est une forme plus grave d’infection qui nécessite un traitement adapté. Si l’infection poursuit son évolution, elle peut passer dans le sang et donc entraîner une septicémie et à terme, un choc septique. Les reins peuvent également être endommagés. Plus tôt l’infection urinaire est traitée, plus les traitements administrés ne sont efficaces et rapides.

Les actions de prévention

Pour éviter de développer une infection urinaire, il faut veiller à limiter les risques de laisser entrer les microbes dans l’urètre. Seulement, les enfants ne se préoccupent pas de type de problème. Il faut apprendre aux enfants à adopter de bonnes habitudes dès leur plus jeune âge. Ils pourront ainsi se protéger des infections sans même avoir à y faire attention. Mais les parents peuvent aussi protéger leurs enfants.

  • Changer fréquemment les couches ;
  • Nettoyer les fesses des bébés de l’avant vers l’arrière et non l’inverse ;
  • Boire suffisamment d’eau durant la journée
  • Apprendre aux petites filles à s’essuyer d’avant vers l’arrière après être allées aux toilettes ;
  • Utiliser des morceaux de papier différents pour les urines et les selles ;
  • Ne pas faire porter des sous-vêtements ou des pantalons trop serrés aux enfants ;
  • Nettoyer correctement le prépuce : décalotter le pénis des garçons durant le bain afin de nettoyer le gland et leur apprendre à répéter ce geste.

Pour conclure

Les infections urinaires sont des menaces pour les enfants de tous âges. Il est nécessaire d’identifier la cause de leurs maux et de définir l’origine de l’infection avant d’administrer le bon traitement antibiotique. Pour cela, les médecins pratiquent des tests et définissent toujours la meilleure façon de lutter contre l’infection. La prévention demeure la meilleure façon de voir apparaître une infection urinaire.